Notre position :
L'équipage est de retour en France
Mateo est resté à Nouméa
    
Dernière mise à jour : 13/06/2010

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Récits de voyage

2ème partie : La transatlantique

 

18 décembre 2004 - 5 janvier 2005


- Par Dominique
- Par Joëlle
- Petit bilan après la traversée





La traversée de l'Atlantique vue par Dominique

 

 


Gros grain

 

 

 


Calme plat sur l'Atlantique

En partant du Cap-Vert à cette époque de l'année, nous pensions trouver un régime d'alizés bien établis qui allait nous pousser gentiment et dans les meilleures conditions vers les Antilles. Mais 2004 ne sera pas un bon cru et la situation météo est très différente de celle prévue, des dépressions situées très au sud perturbant le flux des alizés. Nous quittons Brava le 18 décembre au midi, avec de grands au revoir d'Albert et son aide pour larguer les amarres.
Après avoir contourné l'île au moteur, nous mettons les voiles. Le temps est gris, le vent assez fort nous pousse bien. Les deux jours suivants seront aussi gris et un peu pluvieux et la force du vent irrégulière. Il faut souvent manœuvrer la grand-voile, de jour comme de nuit, ce qui n'est pas de tout repos.
Dans ces cas-là, celui qui est de quart réveille l'autre, car nous préférons être deux sur le pont pour cette manœuvre de prise de ris (réduction de la surface de la grand-voile): Joelle s'occupe de passer un petit bout pour attacher l'œillet de ris, pendant que Dominique règle la drisse puis la bosse de ris. Parfois Florian nous aide du cockpit en nous éclairant ou en modifiant le cap sur le pilote automatique si la manœuvre est trop dure.
Heureusement avec Larissa en renfort, nous faisons des quarts de veille la nuit moins rapprochés, ce qui nous permet de récupérer plus facilement que lors des autres traversées: chacun fait un quart de 3 heures et un de 2 heures, ce qui laisse 5 heures de sommeil entre les deux.
Olive, le pilote électronique, est notre équipier a part entière, et même plus: c'est lui qui a tenu la barre sans faiblir pendant 18 jours, de la sortie du port de Brava à celui du Marin en Martinique. Une aide inestimable!
En début de nuit, les enfants aiment bien nous accompagner un peu pour les quarts: c'est l'occasion de regarder les étoiles, et de parler un peu ensemble. Parfois Florian se réveille aussi en pleine nuit pour faire un petit tour sur le pont. La situation météo s'est ensuite dégradée au troisième jour: grains, avec parfois des déluges durant 3 à 4 heures, puis le calme…et des éclairs la nuit. Une nuit, un orage est proche, nous entendons le tonnerre gronder et nous voyons les éclairs plonger dans la mer ! Pas rassurant ! Nous nous déroutons pour nous en éloigner. La mer est agitée très souvent ce qui ne facilite pas la vie à bord et le moral n'est pas au beau fixe. La veille de Noël, le soleil réapparaît et la mer se calme. Dans l'après-midi, plus un souffle, les enfants se baignent en plein milieu de l'Atlantique. Nager par plus de 5000 mètres de fond, quel évènement!

 

 


Toilette à bord

Le lendemain, nous avons l'impression de sortir du tunnel : grand soleil, petite brise d'Est.
Puis, le 29, plus un souffle, plus une ride au lever du jour, la mer est un lac avec de superbes reflets bleus et gris.
Le vent revient doucement, nous hissons la grand-voile qui restera à poste 5 jours durant sans que l'on n'y touche. Ca nous change des manœuvres de la semaine passée. Nous n'aurons qu'à régler les voiles d'avant (solent ou gennaker) selon les variations du vent. Avec ce beau temps alizéen, la vie renaît à bord : le petit déjeuner du matin est plus copieux, puis c'est la toilette à l'eau de mer dans le cockpit avant une séance de bronzage sur le pont. L'après-midi, ce sont les cours du CNED qui nous occupent, entrecoupés de séances de lecture ou de couture pour Joëlle. Le soir, on mange de bonne heure car la nuit tombe vite, et certains sont pressés d'aller se coucher avant leur quart de nuit. Avec le téléphone satellite, nous ne sommes pas coupés du monde. Nous recevons et envoyons des mails ou SMS (en particulier au moment de Noël et le Nouvel An) et, tous les deux ou trois jours, nous récupérons un fichier météo pour avoir des prévisions de force et direction du vent pour les prochains jours.
Une autre aide électronique, c'est le petit récepteur GPS qui nous donne notre position en permanence, et qui, branché sur l'ordinateur portable posé sur la table à carte, permet de tracer la route suivie sur la carte électronique à l'écran.

 

 


Notre premier pain

Au bout de trois jours, les pains achetés au Cap-Vert commencent à se couvrir de moisissures. Joëlle se met donc à la boulange : quelques essais de cuisson (au four, à la cocotte minute avec huile ou eau) permettent de réussir à faire de belles boules, pas aussi croquantes qu'à la maison, mais très appétissantes (voir recette dans la rubrique "Trucs et recettes").
Question approvisionnement, nous tiendrons jusqu'à l'arrivée avec nos oranges, pommes, tomates, pommes de terre. Un petit truc en plus qui a permis de bien conserver légumes et fruits, c'est le papier journal. Fruits et légumes emballés, l'humidité se déposait sur le journal avant d'attaquer le fruit ou le légume lui-même. Cela nous permettait de vérifier au jour le jour l'état du journal et ainsi de mieux surveiller la fraîcheur des aliments. Tout le "frais" était également entreposé à l'abri de la lumière et de la chaleur.
Le fromage de Gouda, lui, fera toute la traversée ainsi que le beurre en conserve (acheté à la Goméra) très pratique et bon.

 


Joyeux Noël

Noël approche et c'est la fête. Voici déjà 8 jours que nous sommes sur l'eau. Le petit sapin décoré par les enfants sera entouré de nombreux cadeaux : ceux apportés par Larissa, ceux fabriqués par les enfants en cachette…Le repas sera à la hauteur : foie gras, confit de canard, charlotte aux abricots. Larissa, dont l'appétit n'avait pas été très solide jusque là, vu les conditions, se rattrape.
Le jour de Noël, le temps repart au gris et les grains et orages reviennent…Nous nous retrouvons même avec du vent de sud-ouest, tout à fait incroyable sous ces latitudes.

Le 27 décembre, nous aurons le dernier et le plus violent des grains : en début d'après-midi, le ciel devient noir d'encre et après une période de calme, le vent souffle en furie avec une pluie battante. On se renferme à l'intérieur en attendant. Ca durera tout l'après-midi, la mer se creuse avec des vagues de près de 3 mètres, puis le vent tombe complètement, nous laissant avec la houle…



 


Bonne année

Pour le 1er de l'An, l'activité en cuisine est fébrile : Larissa nous prépare des pancakes pour faire des toasts au crabe ou à la rillettes de canard et je prépare une tarte au citron meringuée (voir recette dans la rubrique "Trucs et recettes"). Entre les deux, le rôti en conserve de Makoré est un régal. Le tout est arrosé de champagne bien sûr ! (merci Patrick et Jeanne-Marie).

Un jour, nous verrons sauter des bonites autour du bateau : ce sera l'aubaine ! La ligne est mise à l'eau aussitôt et nous ramenons un beau spécimen de 55 cm, qui nous nourrira pendant 3 jours ! Ca nous réconcilie avec la pêche car nous avions perdu pas mal de matériel les jours précédents.
Régulièrement, nous apercevons des poissons volants. Par dizaine, ils sortent brusquement en banc, pour replonger quelques dizaines de mètres plus loin. Nous en ramassons parfois sur le filet, au petit matin, et on en fera griller pour y goûter: pas mauvais, cela ressemble un peu à la sardine.



 


Coucher de soleil

Avec le beau temps, les couchers de soleil sont magnifiques : rouges et oranges flamboyants derrière les nuages et, la nuit, les ciels étincellent de milliers d'étoiles. La lune nous accompagnera aussi une bonne partie du voyage.

Pour les deux derniers jours de la traversée, nous retrouvons un ciel gris et il faut r eprendre les manœuvres de grand-voile car le vent devient plus fort et moins régulier. Mais, on sent l'arrivée, on en parle beaucoup et les enfants sont un peu excités. Dans la dernière nuit, nous voyons dans le ciel les lueurs de la Martinique et au petit matin, l'île se dessine à l'horizon.
A la radio, on capte les stations de musique antillaise et les infos en langue française. En fin de matinée nous contournons la pointe sud de l'île, puis on démarre les moteurs pour prendre le chenal d'accès au port du Marin: bien balisé, il faut zigzaguer entre les hauts fonds, et les centaines de bateaux au mouillage pour atteindre le port. Après quelques heures d'attente sur une bouée, on nous attribue une place sur un ponton, on peut enfin fouler la terre ferme….

ON EST ARRIVE



         



La traversée de l'Atlantique vue par Joëlle

Ca y est. Nous avons quitté le petit port de Furna et larguons les amarres en sachant que le prochain sol qui sera foulé s'appellera "Martinique". On sait ce que partir veut dire, en marin et quitter la terre ferme c'est comme couper un lien avec les autres, se trouver seul ou en petit comité, avec "sa maison sur le dos". Il ne faut rien oublier, et l'on doit s'occuper avec ce que l'on a.

Avec Larissa et Dominique, nous décidons des horaires de quarts de nuit. Je suis assez bien lotie avec une veille de 1 h à 3 h et 7 h à 10 h. C'est surtout le soir, pendant les quarts que je me mets à penser et ce n'est pas plus mal car les quarts passent plus vite.

Nous ne tarderons pas à rencontrer un ciel gris accompagné d'une petite pluie. Le compte à rebours commence : plus que 2100 milles à parcourir à raison de 120 milles par jour en moyenne plus les imprévus ... alors on verra bien ! Pourvu que Mateo soit costaud et que nous ne rencontrons pas d'engins flottants sur notre passage. C'est une de mes craintes surtout la nuit !

Voici maintenant 5 jours que nous naviguons sous un temps déplorable. Les alizés ne sont pas là. Le ciel est gris, il pleut souvent, il y a beaucoup de vent. Je ne m'attendais pas à une telle météo. Il ne faut pas s'énerver, mais réagir, positiver et parfois se dépasser. Les éléments nous poussent à être réactif sinon c'est de la casse ou de très mauvaises conditions de navigation. L'ambiance s'en ressent tout de suite sur le bateau. Il faut faire attention et être attentif plus que d'habitude peut-être.

Je n'ai pas trop d'élan ni d'envie pour cuisiner et pourtant il faut bien se nourrir. Il y a des jours où je me force et les moindres gestes sont comptés. Je crois qu'il ne faut pas trop s'écouter.
En tout cas, c'est du rapide et nous ne traînons pas à table. Nous dînons aux alentours de 18 H 30 et à 19 H, tout le monde se couche sauf celui qui est de quart. Larissa ne sort pratiquement pas de sa cabine car elle est nauséeuse.

Je me découvre confrontée à l'océan. Serais-je assez compétente et à la hauteur ? En tout cas, bon gré, mal gré, de toute façon, il faut faire avancer le bateau.
Parfois, on se surprend à passer beaucoup de temps à penser à la famille, aux copains, au retour aussi ! Le manque d'amis commence à se faire sentir après plusieurs mois entre nous quatre.

Les journées passent malgré tout et je ne m'ennuie pas. Je fabrique un pain tous les deux jours et ça occupe déjà. Après, c'est la préparation des entremets (journellement). Ca remplace les yaourts. Le restant de la journée est principalement consacré aux cours du CNED, puis à la lecture quand le temps le permet, également la couture.
Le 24 décembre, le temps change brusquement. Je revis, c'est grand soleil, et la mer est d'huile. Rien ne bouge, plus de houle mais uniquement des clapotis le long des coques. Le temps s'est arrêté comme par magie.
C'est la récré pour tous et les enfants iront se baigner avec plaisir en plein océan avec 5 kms de fond. Ils en rêvaient ! Pour ma part, bronzette suffira.
Demain c'est Noël mais déjà ce beau temps-ci est jour de fête aussi !!

JOYEUX NOEL !

Tant pis pour le temps. Le ciel est reparti au gris mais c'est Noël et la joie de s'offrir des petits plaisirs. Sans qu'on le sache et avec les moyens du bord, Florian et Sylvain, auront trouvé l'idée et l'envie de fabriquer des petits cadeaux pour tout l'équipage. Une attention qui donne chaud au cœur ! Ce Noël là, ils s'en souviendront.
Nous passerons l'après-midi à manger (disons plutôt déguster) et la journée passe très vite. Déjà ce soir !
La météo n'est pas clémente. Le ciel s'assombrit et de gros, très gros nuages noirs nous tiennent, hélas, compagnie. La mer forcit et j'ai l'impression de me trouver dans le Golfe de Gascogne. C'est étonnant. Mais il faut rester calme. Ce que je déteste plus que tout, ce sont les orages de mer et les éclairs. Nous sommes totalement impuissants. Ici, c'est la nature qui fait sa loi, nous ne pouvons que subir.
Pour ne pas risquer des dégâts ou apeurer les enfants, nous changeons le cap pour nous éloigner des coups de tonnerre. Tant pis pour les milles en plus. J'appréhende toujours la casse d'une pièce de navigation (pilote ou autre). Le moral n'est pas au beau fixe et les alizés ne sont toujours pas là. Voilà 11 jours que nous sommes ballottés sans réel plaisir. Je dors bien la nuit ce qui me permet d'être en forme la journée. Je me sens flotter dans mes vêtements. Il est temps qu'on arrive pour se remplumer.
D'ici quelques heures nous serons en 2005.

BONNE ANNEE TOUT LE MONDE !

Beaucoup de messages nous parviendront pour cette nouvelle année et nous consacrerons quelques heures à y répondre mais que c'est donc agréable d'être en lien avec la terre. Vive l'informatique, vive les satellites !
Durant 6 jours, nous aurons la belle vie sur Mateo. Larissa est à présent amarinée et profite pleinement de ses journées, elle peut cuisiner. Tout l'équipage se sent bien. Plus que 143 milles sur les 2100 du départ. Nous voyons le bon bout.
Aujourd'hui, il fait de nouveau gris et nous réduisons la voile…mais qu'à cela ne tienne, nous arrivons.
La Martinique est proche car nous apercevons, au loin, ses lueurs sur l'horizon. C'est la tombée de la nuit et demain, c'est sûr, nous mettrons le pied à TERRE.


Joëlle

         


 15 janvier 2005  Petit bilan technique après la traversée

 

 

 

 

 

Cette traversée s'est bien déroulée, on peut aussi dire merci à Mateo de nous avoir mené à bon port sans problème, malgré les conditions pas toujours agréables au début. Ce trajet nous a permis aussi de mieux le connaître, d'essayer de nouveaux réglages, de trouver des astuces pour se faciliter les manœuvres, même si en équipage familial comme nous on n'exploite pas tout le potentiel du bateau, loin de là. On est souvent sous-toilé, surtout lorsque les conditions sont changeantes et qu'on n'a pas envie de manoeuvrer tous les quarts d'heure. En fait, dans ces conditions, un catamaran ne va pas beaucoup plus vite qu'un monocoque, mais on navigue avec plus de confort.

 

 

 

 

 

Coté vie à bord, le catamaran c'est vraiment super: beaucoup d'espace, on passe du cockpit à l'intérieur directement. Contrepartie, en cas de pluie, l'intérieur est vite mouillé, d'autant que, petit vice de conception, le cockpit est un peu en pente vers l'avant: le bateau "pique" légèrement du nez, et il a fallu remonter la flottaison de 5 cm à l'avant.
En mer, lorsque les vagues sont mal rangées, on est quand même un peu secoués, mais beaucoup moins que sur un monocoque, bien que les mouvements soient plus brusques: pas besoin avant le départ de tout ranger, les pots et autres ustensiles restent sur les étagères et il y a rarement besoin de remettre quelque chose en place. Il n'y a que la cafetière en verre que l'on cale par précaution!
Petit bémol pour le confort, le bruit: du fait sans doute du matériau de construction, le contreplaqué, le bateau est assez bruyant. On entend bien le bruit de l'eau qui s'écoule le long des coques, les vagues qui claquent, les bruits de gréement qui résonnent, et les moteurs pourtant bien isolés…

Quand la mer est mauvaise, Sylvain et moi préférons dormir dans le carré, plus calme que les coques, mais Joëlle dort sans problème dans la cabine arrière, et Larissa s'est bien accommodée de la couchette avant de la coque tribord, même si elle "sautait" de temps en temps!

Pour la cuisine, il va quand même falloir que l'on rajoute des serre-casseroles, car la gazinière n'est pas sur cardan et il faut tenir les plats qui chauffent. On s'est dépannés avec des tendeurs mais ce n'est pas le top.

 

 

Question énergie, nos 2 panneaux solaires ont bien assuré: il faut faire attention quand même, pas trop de lumières le soir, les feux de navigation uniquement lorsqu'on croise un bateau, et pas de DVD si il n'y a pas de soleil ce jour-là. Tout ça pour réserver l'énergie au pilote automatique, le plus gourmand du bord.
Pour le frigo, c'est le gaz qui fonctionne en mer, et c'est vraiment génial de pouvoir avoir du frais pendant tout le voyage. La bouteille de 13 kg tient plus d'un mois, ce qui est très raisonnable comme consommation.

 

Nous n'avons eu que deux seuls petits problèmes techniques lors de cette traversée. D'abord la perte de l'axe de fixation de la bôme, due a une goupille qui a cassé, mais ayant entendu la pièce tomber sur le roof, elle a été vite récupérée et remise en place. Un autre souci, électronique celui-là fut la panne totale de la girouette-anémomètre qui nous indique en permanence la force et direction du vent. Cette panne est survenue lors d'un grain dans les premiers jours. Pas indispensable, cet instrument est quand même bien pratique, surtout au portant car sur un catamaran il n'est pas toujours facile d'estimer la force du vent, et lorsqu'on est près du vent arrière il permet d'éviter un empannage incontrôlé, ce qui nous est arrivé, sans conséquence heureusement.
Question structure, le bateau n'a subi aucun problème, et nous sommes très satisfaits de sa construction. Le gréement n'a pas bougé, à peine un léger resserrage de haubans à prévoir, et les voiles sont impeccables. L'accastillage a lui aussi fonctionné sans soucis. Par rapport à nombre de bateaux qui ont des réparations parfois importantes à faire aux Antilles après la traversée, nous sommes très satisfaits.
Un autre motif de satisfaction, ce sont les fleurs que l'on nous fait lorsque l'on fait visiter le bateau aux escales: tout le monde est époustouflé du travail effectué et du résultat, tant esthétique que pratique. Merci à Jacques, Fabrice et tous les autres …



              

    

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